Maurice Druon,né Maurice Kessel le 23 avril 1918 à Paris.
Il passe son enfance à La Croix-Saint-Leufroy, en Normandie, ou il fait la connaissance de Pierre Thureau-Dangin, fils du secrétaire perpétuel de l'Académie Paul Thureau-Dangin. Il fait ses études secondaires au lycée Michelet de Vanves. Lauréat du Concours général en 1936, il commence à publier, à l'âge de dix-huit ans, dans les revues et journaux littéraires tout en étant élève à Faculté des lettres de Paris puis à l'École libre des sciences politiques (1937-1939).
Élève officier de cavalerie à l'École de Saumur en 1940, il participe à la Campagne de France. Après sa démobilisation, il reste en zone libre, et y fait représenter sa première pièce, Mégarée. Il s'engage dans la Résistance et quitte la France en 1942, traverse clandestinement l'Espagne et le Portugal pour rejoindre à Londres les rangs des Forces françaises libres. Il devient l'aide de camp du général François d'Astier de la Vigerie, puis attaché au poste « Honneur et Patrie » avant d'être chargé de mission pour le commissariat à l'Intérieur et à l'Information et correspondant de guerre auprès des armées françaises en 1944 jusqu'à la fin des hostilités.
À partir de 1946, il se consacre à sa carrière littéraire, reçoit le Prix Goncourt (1948) pour son roman Les Grandes Familles et divers prix prestigieux pour l'ensemble de son œuvre. Le 8 décembre 1966, il est élu à l'Académie française au fauteuil de Georges Duhamel. Il accède à la célébrité avec sa saga historique littéraire, Les Rois maudits , adaptée en 1973 à la télévision. Il participe à la commission de réforme de l'ORTF.
Gaulliste historique, il reste durant toutes ces années engagé politiquement. Sa nomination comme ministre des Affaires culturelles en 1973, et ses déclarations menaçant les directeurs de théâtre subversifs de leur couper les subventions, provoquent une polémique. Il incarne une culture conservatrice, en rupture avec l'ouverture et la modernisation insufflée par Jacques Duhamel. Le 13 mai 1973, une procession funèbre symbolisant la mort de la liberté d'expression rassemble ainsi, à l'initiative de plusieurs metteurs en scène, dont Ariane Mnouchkine, Jean-Pierre Vincent et Bernard Sobel, plusieurs milliers de manifestants. Il n'est pas reconduit en 1974, puis est élu député de Paris de 1978 à 1981. Il occupe divers postes diplomatiques ou politiques comme membre du Conseil franco-britannique ou représentant aux Assemblées parlementaires du Conseil de l'Europe et de l'Union de l'Europe occidentale.
Secrétaire perpétuel à partir de 1985, il choisit en 1999 de renoncer à cette fonction, cédant la place à Hélène Carrère d'Encausse. Comme académicien, il intervient régulièrement sur l'évolution, qu'il souhaite très lente, de la langue française face à la société, particulièrement hostile sur la féminisation des mots. En 2006, sa critique du français « pittoresque » des Québécois, comparée à la langue « très sûre, très pure, très exacte » cadrée en France au XVIIe siècle lui a valu plusieurs critiques au Québéc].
Il est également membre de plusieurs académies, comme celle de Bordeaux, d'Athènes, l'académie du royaume du Maroc et l'Académie roumaine. Il est aussi partisan de la reconstruction du Palais des Tuileries. Il collabore également comme chroniqueur au Figaro, rassemblant ses écrit plusieurs ouvrages dont Le Bon français (1996-1999) et Le Franc-parler (2001-2002).